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Cette fin d'année vaut donc son pesant de bons films, et je sens que ce n'est pas fini (the Holiday, Mon meilleur ami ou encore Hors de prix s'annonçant comme des petites comédies sympathiques, et Coast Guards comme un bon petit film d'action)! Mais revenons à l'essentiel, c'est à dire le film du jour: Deja Vu. Si l'affiche américaine se confond totalement avec les précédents Inside Man et Man on Fire avec Denzel Washington, la présence au générique de Jerry Bruckheimer et Tony Scott le faisaient clairement sortir du lot. Sans compter l'élément fantastique de l'histoire: le déplacement spatio-temporel.

Petit rappel du scénario: Doug est un spécialiste des affaires criminelles liées aux explosifs. Il enquête sur l'explosion d'un ferry à la Nouvelle-Orléans, provoquée par un terroriste. En reliant cette affaire à l'assassinat d'une jeune femme quelques heures avant le drame, il se fait remarquer par une unité spéciale qui lui expose (pas immédiatement, ils font d'abord passer ça pour une sorte de visionneuse 3D d'archives vidéo) leur dernière trouvaille: une machine permettant de voir le passé à J-4 et ce en direct. Censé au départ s'en servir uniquement pour identifier l'assassin et l'arrêter, Doug décide alors de se servir de cet outil et de ses limites pour tenter de prévenir ces drames d'arriver.

Hollywood nous a déjà servi des films basés sur le voyage dans le temps, mais le plus souvent dans un emballage de pur divertissement, ou de science-fiction. L'intérêt de Déjà Vu est de faire croire au spectacteur que cela est possible, de traiter cette découverte technologique comme un moyen d'investigation à part entière pour les gouvernements de notre époque. Bref, on a affaire au final à un thriller policier, nappé d'une sauce spatio-temporelle lui donnant un piquant tout particulier en répondant à cette question: est-il possible de sauver quelqu'un qui est en théorie déjà mort? Le film soulève également d'autres questions, comme celles de la déontologie, du destin ou de la fatalité. En tentant de répondre à ces questions, le réalisateur distille savamment son suspens jusqu'à la fin du film, qui, sans pour autant bénéficier d'un twist particulier, reste un savoureux mélange de réalité et d'optimisme.

Finalement, ce dont ne traite pas du tout le film, c'est de cette fameuse impression de Déjà Vu. Mais il s'amuse pour autant avec ce double-mot, instaurant ici et là des éléments sans queue ni tête, dont l'explication se dévoile tout au long du film. Cependant, pas de crainte à avoir: quand le spectateur se sent perdu, les scénaristes mettent toujours un point d'orgue à éclairer la scène d'une façon ou d'une autre. Bref, si l'on se sent parfois ballotés, ce n'est pas plus compliqué au final qu'un Retour vers le futur. Point positif même: le film donne à réflêchir une fois la projection finie. Car tout a un sens au final, même les scènes les plus anodines du début.

Pour conclure, Dejà Vu propose, dans la lignée de Stay (de Marc Forster) un style lêché typique de son réalisateur, pour un scénario pas tordu mais presque: il vous faudra y croire pour l'apprécier. Au-delà subsiste un divertissement de très bonne facture, y compris dans ses scènes d'action (peu nombreuses mais marquantes, comme cette sublime et originale course-poursuite qui se déroule simultanément sur deux époques (!!)) Et encore une fois, rien à redire de la prestation impeccable de Denzel Washington.

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