drague

Tout le monde sait que j'ai une vision bien idéaliste de l'amour :) Mais ça n'empêche pas d'observer et d'arriver à admettre des évidences moins réjouissantes. La première qui me vient à l'esprit est que les attirances sont rarement réciproques, et c'est bien dommage!

Combien de fois cela nous est-il arrivé? Une fille nous plaît beaucoup pour X raisons, et il s'avère qu'elle y est complêtement insensible. Je l'admets, de nombreuses fois cette personne n'est même pas au courant de cet intérêt à cause de notre timidité. Mais bon avec l'âge, on devient moins con, on se prend moins la tête (ah bon?) et on fonce plus aisément dans le tas - avec un minimum de tact, ou pas -. Et là toujours rien. Et c'est frustrant. D'autant plus quand de l'autre côté, vous avez plusieurs filles qui elles sont intéressées, et vous... non!

Pourquoi la vie est ainsi faite? Moi, je suis le premier à fuir les propositions qui sont basées sur rien, ou tout au plus sur l'apparence... si j'estime que je plais sans avoir été réellement moi-même, il y a de grandes chances que la personne ne me connaisse pas vraiment, et soit déçue par la suite. Aujourd'hui plein de gens sont attirés par des apparences, avec la philosphie du "on verra bien". Or moi j'aime les évidences, le feeling mutuel, je déteste me forcer... mais alors, comment expliquer que quand deux personnes semblent s'accorder sur bien des points, il est pourtant rare que les deux se plaisent et se veulent en même temps?

A cela plusieurs théories que j'ai élaborées (oui ça sert les longs voyages en RER!):

- J'ai tout d'abord le sentiment que certains (moi compris, dans une certaine mesure) rejettent la facilité. Si c'est trop facile, c'est pas drôle! La rencontre facile, presque banale, on en rêve mais au final on la repousse. Comme si la facilité c'était louche, trop simple pour être vrai, et que ça cachait quelquechose... On dit souvent "je te suis tu me fuis, tu me suis je te fuis" et si nous ne sommes pas masochistes - enfin, pas tous -, nous semblons être attirés par la difficulté, parfois car la personne semble valoir le coup bien sûr, et peut-être aussi parce que la réussite qui suit n'en paraît que plus belle.
- Ensuite, certains veulent avoir le contrôle. Il y a la satisfaction de séduire une fille qui nous plaît, nous voulons faire nos choix. Craquer pour quelqu'un nous faisant des avances, est parfois moins satisfaisant (car doit développer intérieurement un sentiment de soumission). Dans ma vie, jusqu'à récemment, je me suis rendu compte que j'avais toujours accepté d'être avec quelqu'un. Dernièrement, quelqu'un accepta d'être avec moi, le changement est subtile mais ce fût une sensation très différente.
- N'oublions pas la peur. Quand bien même nous crions tous haut et fort chercher l'amour, une part de nous craint sans aucun doute la perte d'indépendance, l'implication au quotidien, les concessions à faire, ou simplement... l'échec. Pour ne pas souffrir ou faire souffrir, beaucoup ne se lancent pas, tout simplement. On flirtera, on draguera, cela flatte l'égo et donne confiance en soi, mais pour franchir le pas, il n'y a plus personne. L'amour il faut y être ouvert, un jour on le sent et d'autres, ben on est pas vraiment prêts. D'ailleurs il est amusant de constater que certaines personnes apprenant que quelqu'un s'intéresse à elles, s'y ferment immédiatement, comme si il s'agissait d'une intrusion dans leur espace privé.
- Par ailleurs, il y a une grande part de méfiance. C'est fou le nombre de filles que je croise qui rejettent en bloc toute forme de séduction, sous prétexte que les "mecs sont des beaux parleurs, des faux-culs". Certains le sont sans doute, mais il est dommage que de mauvaises expériences rendent les gens blasés et renfermés sur eux-même. Ces personnes là seront sans doute attirées par un type qui ne drague pas et qui n'a visiblement rien en commun avec elles. Mais au moins il semble honnête, plus que le pseudo "prince charmant" qui les regarde avec insistance.
- Enfin, on dit souvent que les opposés s'attirent. Je ne crois pas que des personnes réellement opposées puissent s'épanouir sur le long terme, mais je crois aussi à cette théorie dans le jeu de séduction. Peut-être qu'une personne différente de nous est plus intriguante, plus difficile à comprendre, à atteindre, à toucher. Le défi étant plus difficile à relever, il en devient d'autant plus excitant. En effet plaire à quelqu'un de différent (donc imposer cette personnalité qui nous est propre) est extremement flatteur. Mais attention à ne pas se brûler les ailes en approchant du soleil! Une fois le mystère percé, on se demande souvent ce qu'on fait là...

chien_dragueur

Bref tout cela est bizarrement fichu. Ce ne serait donc pas tant l'autre personne qui est en cause, mais notre vision de la séduction, notre état d'esprit actuel, notre trait de personnalité dominant, nos expériences passées. Il y a des fois où l'explication est toute simple (on ne se connaît pas assez, physiquement ça ne passe pas, ça colle au niveau des goûts mais pas de la personnalité etc), et des fois, ben on se demande pourquoi nous n'attirons pas ou ne sommes pas attirés, alors que tout semble coller avec l'autre personne. L'instinct est décidément le plus fort des pouvoirs de décision. 

Au final, je crois tout simplement qu'il n'y a pas de réelle explication. L'amour ou simplement le feeling ne se contrôlent pas, et quand la raison ne peut l'expliquer, le coeur lui y arrive sans problème. Jeune ou vieux, compliqué ou pas, novice ou expérimenté, nous nous jetons corps et âme dans l'évidence, cette attirance à laquelle on ne peut résister et celle vers laquelle nous tendons tous. Bien que celle-ci puisse mettre du temps à voir le jour, elle est malheureusement beaucoup plus rare qu'on ne le pense et conduit, outre d'immenses joies, à beaucoup de peines et peut-être d'occasions manquées. La vie est ainsi faite...