ascenceur_chiffre_2Si il y a bien quelquechose qui m'effraie, c'est la sociabilité forcée dans les ascenseurs. Monter six étages, ça laisse très exactement 32 secondes pour parler de banalités si simples qu'on a parfois du mal à les trouver ou même les inventer, et souvent j'ai un blocage total. Parfois, aucun des interlocuteurs ne souhaite engager de discussion, et il s'établit alors comme un temps de malaise, que vous pouvez occuper en cherchant vos clés dans la poche, en consultant votre portable, en regardant les murs de l'ascenseur (ils sont si beaux), en reboutonnant votre veste, en cherchant des papiers dans cette même veste, ou en respirant, soupirant, gesticulant ou sifflotant. Alors que quand vous êtes seuls vous tirez une tronche d'enterrement, immobile, du rez-de-chaussée à l'étage d'arrivée.

Heureusement, il est plus facile de répondre à une discussion qu'on vous propose. Comme je n'ai pas de réels contact avec les habitants de l'immeuble, les discussions tournent invariablement autour de ma mère, ou de la météo. Exemple pris aujourd'hui toute à l'heure, quand ma voisine de l'étage du dessous entra dans le hall avant que mon ascenseur ne soit arrivé:

- Je descend toujours avant vous (elle appuie sur le 5), haha.
- Oui, mm héhé.
Blanc
- Ca y est, le printemps est là.
- Ah oui, ça fait du bien, pour une fois je n'ai pas eu à mettre d'écharpe, héhé.
- Oui... c'est votre mère qui m'avait dit, que vous travailliez à Euro Disney c'est ça?
- Tout à fait. Nous avons presque un micro climat là-bas, en pleine campagne... on a beaucoup souffert du froid, mais ça y est, la chaleur semble s'installer.
- Oui, d'accord. Bon me voilà arrivée, très bonne journée à vous.
- Merci, vous aussi, à bientôt au revoir.

Oui je vous l'accorde, c'est un tas d'inepties totalement inintéressantes (dont il existe heureusement moultitudes de variantes). Mais comme nous sommes en société, il faut parfois s'y plier! Bon si vous avez des petits trucs pour patienter en groupe dans un ascenseur, je suis preneur hein...