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Les invités de l'Ouverture du Festival ne s'y sont pas trompés en applaudissant le film à plusieurs reprises, avant et après la projection: Là-Haut est, comme chaque nouveau Pixar, un chef d'oeuvre. Cela en deviendrait même presque lassant, puisqu'on ne peut plus se poser la question fatidique: leur prochain film sera-t-il réussi? Critiquer un tel film revient alors à simplement se remémorer ses bons moments, ses scènes d'antologie, ses moments d'émotion, sa musique poignante et emballante à la fois. Et puis tant qu'on est à comparer, allons y franco. Non, Là-Haut n'est pas mon Pixar préféré, (ce n'est certainement pas le plus beau malgré la projection en 3D), ni le plus drôle. Mais comme chaque nouvelle production maison, on y trouve cette sensibilité, cette inventivité, cette honneteté, qui font qu'il est difficile de lui trouver un réel défaut.

C'est même mieux que cela. Là-Haut arrive à nous surprendre, en surfant sur des terrains inconnus. En explorant des thèmes rares en animation: la vieillesse, la solitude, la mort, le deuil. Comme Wall-E avant lui, Là-Haut n'a plus peur de mettre en avant la simple poésie et la musique en réduisant les dialogues au minimum. Et se paye le luxe de mêler les scènes les plus touchantes avec un délire complêtement barge, tout en maintenant un équilibre délicat et une unité de ton qui permettent de rester dans le film pendant plus d'une heure trente.

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Mais revenons à l'histoire. Karl Fredericksen est un vieil homme qui a toujours rêvé d'aventures. Le film démarre par sa jeunesse, quand il se rêvait alors en pilote tel le célèbre Charles Muntz qui a parcouru la terre entière. Mais quand Carl rencontre Ellie, la future femme de sa vie, il démarre une nouvelle aventure, la plus belle de toute, même si il ne le découvrira que plus tard... Ces premières minutes constituent un nouvel exploit chez Pixar, en terme de mise en scène. Difficile de retenir ses larmes devant ce montage tout en musique et sans paroles, qui retranscrit à merveille les émois de l'amour, la beauté de l'amour unique, les frustrations de la vie, ses petits plaisirs, les joies tout comme les peines que nous vivons tous à un moment ou à un autre... rien que d'y repenser, me redonne des frissons.

Puis Karl a vieilli et est devenu veuf. Sa vie est désormais morne et répétitive, comme si rien ne pouvais plus le faire vibrer. Mais quand le destin le pousse à agir, il décide de réaliser le dernier rêve de sa femme: installer leur maison au sommet de la plus grande chute d'eau du monde, Paradise Falls. Pour cela, il y a attache des centaines de ballons, et dans la plus pure tradition Pixar... s'envole, naturellement! Je n'en dirai pas plus au niveau de l'histoire, mais vous avez vu la bande-annonce: Karl s'entiche d'un jeune boy scout légèrement maladroit, d'animaux bizarroides (trop chous), se perdra dans la jungle et s'exercera à quelques ballets aériens périlleux. Bref, le ton change, le réalisateur passant la vitesse supérieure pour dérider son audience encore sous l'effet de l'émotion, pour un film plus drôle, vif, fou... sans jamais oublier son but premier.

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Comment résumer Là-Haut au final? Ce n'est ni vraiment un film d'aventures, ou d'action, ni une pure comédie... pour moi c'est avant tout une histoire d'amour, l'une des plus belles qui soit. Où le souvenir est assez fort pour faire vivre ses rêves et honorer une mémoire. Car sans être physiquement présente, Ellie guidera chaque pas de Karl, lui faisant réaliser que ce n'est pas tant le but qui compte, mais le chemin parcouru, et les gens rencontrés au passage et qui partagent notre vie. Mais même là, je complique inutilement. Disons que Là-Haut est un Pixar, tout simplement, et cet adjectif lui suffit amplement.

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