pausePour la première fois depuis bien longtemps, il m'arrive une situation étrange: je n'ai plus personne en vue dans ma vie. Car il ne faut pas confondre "être avec quelqu'un" et "être attiré par quelqu'un", et aussi loin que je me souvienne, même quand je n'étais physiquement avec personne, j'avais dans le coeur et la tête une personne en vue, secrêtement ou publiquement désirée. Cela pouvait être court de quelques semaines voire quelques jours, comme long de plusieurs années, mais ça me permettait d'avoir un but et de rêver un peu! Et aujourd'hui, après avoir encaissé trois échecs successifs depuis le début de l'année, je me sens à un carrefour.

A la fois plus tranquille, moins stressé et nerveux, moins triste aussi! Courir après une fille, ce n'est pas de tout repos. Et si j'aspire à une vie sentimentale simple et belle, la réalité me concernant en fut souvent toute autre: d'illusions perdues en attentes déçues, d'espoirs avortés en déceptions soudaines, mon "love-CV" est assez chaotique. Je ne sais moi-même pas vraiment l'expliquer... on m'a déjà dit que j'étais trop difficile, et pourtant voilà 3 personnes qui me plaisent en moins de 6 mois. On m'a déjà dit que je cherchais la complication avec des personnes déjà prises, et pourtant les 3 personnes en questions sont célibataires! On m'a déjà dit que je visais trop haut (réflexion un peu stupide d'ailleurs car je me vois pas viser "bas"), pourtant les personnes en questions étaient accessibles, et normalement constituées. Elles ne représentaient pas qu'un rêve, j'ai beaucoup parlé avec elles, tenté ma chance, et pour l'une d'elles nous avons d'ailleurs vécu une relation (de courte durée, ce qui explique que je la catégorise comme un échec, même si je suis néanmoins content d'avoir pu atteindre ce but que je m'étais fixé déjà l'an dernier; et puis cette relation m'a permis d'ouvrir les yeux sur autre chose après deux années d'aveuglement extrêmement douloureuses). On se pose donc forcément des questions, et je suis sûr que je ne suis pas le seul. Où est le problème? Suis-je réellement en cause? Est-ce toujours un problème de timing ou de fausses excuses? Est-ce que je fais les mauvais choix? Pourtant il arrive que je me fasse draguer à côté, donc qu'en est-il vraiment? Autant de questions que je n'ai plus à me poser au jour d'aujourd'hui, et ça fait du bien, ça repose! L'été est là et bien là, et je ne vais pas me priver pour regarder les filles sans me prendre la tête (jusqu'à la prochaine) :p

En même temps, cette situation nouvelle me fait un peu peur. J'ai toujours considéré l'amour comme source de motivation, celle qui donne envie de se lever le matin ou de soulever des montagnes. Souffrir comme jouir fait partie de la vie et lui donne un sens, et malgré le risque d'échec j'ai toujours trouvé déprimant de n'avoir personne à qui sourire, à qui penser ou dire des choses gentilles dans l'espoir d'un retour. J'espère donc que la situation ne traînera pas en longueur. Je n'ai pas peur de l'indépendance, j'y suis habitué, mais j'ai besoin d'aimer, même en secret ou à sens unique.

Quoi qu'il en soit, les années qui passent auront eu un effet positif sur moi. Moins prise de tête, je passe plus vite à autre chose. Il y a peu, j'ai attendu en vain une fille pendant trois ans sans même jeter les yeux sur une autre: une bêtise que l'on peut considérer comme romantique, mais qui dans notre courte vie n'est vraiment pas à imiter et l'on ne m'y reprendra pas deux fois! Je me surprends moi-même à me blinder et passer à l'acte beaucoup plus vite qu'avant. Comme dit ma mère, "une personne qui te veux te le montrera. Si ce n'est pas le cas, passe à autre chose!". J'ai toujours eu du mal à mettre ces règles de bon sens en pratique. Mais aujourd'hui, le temps qui passe ainsi que la fierté m'ont ouvert les yeux. Je ne peux pas me permettre d'attendre indéfiniment (pour une chance de résultat de toute façon proche du zéro), d'être toujours le bon gars de secours à disposition, voir le bon copain... on ne vous l'a jamais fait celle-là? Le "restons amis" qui tue, qui bouffe bien de l'intérieur, car on sait tous qu'une amitié est sans condition, sans arrière-pensée, sans calcul, sans désir personnel, ce qui va à l'opposé même d'une personne ayant des sentiments. Et moi, je ne veux pas être cet ami qui attend, qui espère, qui écoute et se "meurt" à petit feu, noyé dans une amitié de plus en plus bancale et malhonnête. Maintenant je n'ai plus peur de le dire en toute honnêteté, et sans réel remord, et c'est déjà une avancée. Certains sont faits pour être amis, d'autres amants, d'autres amoureux, ou encore les trois à la fois. Et bien que je pense qu'on puisse passer d'un état à un autre avec le temps (combien d'histoires commencent par une belle amitié?), je ne pense pas que ce soit complêtement réversible. Alors pourquoi s'évertuer à essayer d'être ce que l'on est pas?

amourC'est un fait: j'ai du mal avec l'amitié fille-garçon et l'addition de mes souffrances passées n'y est sans doute pas pour rien. Je ne veux au choix pas m'attacher, pas décevoir, pas donner de faux espoirs et puis sûrement, je l'avoue, j'en ai un peu marre de me sentir lésé, à toujours devoir jouer l'ami alors que j'attends davantage, voire qu'on me fait espérer davantage.... en gros je me protège, à tous points de vue. Ma frustration ressurgit sur d'autres qui n'ont sans doute rien demandé, et j'en suis vraiment désolé; mais aujourd'hui je préfère vivre mon amitié pleinement et sans ambiguité, avec une grande majorité de garçons. Au moins aucun risque de ce côté, ce qui ne m'empêche pas de beaucoup apprécier la compagnie des filles au quotidien, car je me sens souvent proche d'elles d'un certain côté! En attendant de trouver celle de mes rêves, qui sera ouverte et disponible pour m'accueillir dans sa vie... :)