Aujourd'hui je vais faire un petit retour en arrière, à l'époque où j'étais étudiant, nottament la partie "j'ai quitté la maison", pendant laquelle j'ai expérimenté ce que bon nombre d'entre nous on aussi vécu, la chambre d'étudiant. Beaucoup de souvenirs qui prêtent aujourd'hui à sourire il est vrai, mais à l'époque, c'était pas toujours aussi drôle. En fait j'ai eu deux chambres d'étudiants, la première que j'ai gardé 1 an et demi et l'autre seulement 3 mois (malheureusement ce fut elle la moins pire, pas de bol) Commençons au commencement.

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Ca a quand même été sympa...

Rentrée 2001: l'été touche à sa fin et je dois me trouver une chambre sur Angers (très jolie ville, ceci-dit)où se trouve mon Ecole. Ni une ni deux, je pars sur place, afin de trouver ça dans la journée. Mais entre les papiers à remplir au service logement de la ville, les gens pas là pour visiter, les chambres déjà prises, mes choix très restreints (je me rends compte après coup que je cherchais quelquechose sur une surface d'1 hectare à tout casser lol) et il faut l'avouer, ma jugeotte limitée mdr, je rentre bredouille sur Paris. Petit soucis en vue: la rentrée est dans 10 jours et je pars une semaine à DisneyWorld en Floride. Bon heureusement, mon père, plus dégourdi que moi, profitera de mon absence pour me trouver une chambre (je sais, j'ai honte). Je l'apprends pendant mes vacances, et trop content pour contester quoi que ce soit, j'approuve sans vouloir voir quoi que ce soit! Après tout, si je peux me loger, c'est suffisant...

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Je reconnais, c'est plutôt rangé sur ces photos... :)

En rentrant, les surprises commencent. La chambre est au 3ème étage sans ascenseur, avec un escalier prêt à s'écrouler au moindre mouvement (il a tenu plus d'un an, je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui). A 10 minutes à pied de la première station de bus (finalement je m'y ferais, il suffit d'inclure la marche dans son emploi du temps), mais face à un sex-shop ;-). Non, finalement, c'est plutôt pas mal, c'est propre, ça a été refait il y a peu. Non, le vrai soucis, c'est que c'est petit: environ 12m². Et l'autre soucis, c'est que je suis sous les toits, avec un plafond en pente, résultat la moitié de la chambre est condamnée, il faut s'y mettre assis, surtout quand on mesure 1m90. Autant dire que j'y ai mis le bureau servant d'étagère fourre-tout, et que je ne m'y suis jamais assis! Sinon, y avait une kitchenette, une douche, des toilettes... à ce détail près que le proprio, soucieux de louer ses chambres plus chères, les a installé APRES et comme il a pu. Résultat, les toilettes et la douche sont DANS la chambre, sans aucune porte. Oh, il y a bien un petit muret qui séparait la cuvette du lit, mais autant dire qu'il vallait mieux éviter d'inviter ses amis, et surtout des filles! Ah là là ces toilettes m'ont apporté cependant quelques bons, très bons moments. D'autant plus qu'ils étaient coincés entre la douche et le lavabo, donc pour s'y mettre, bonjour la contorsion! Au moins on pouvait se laver les cheveux dans le lavabo en même temps...

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Après ce passage des plus fins, passons au reste de la chambre: celle-ci était meublée, et j'ai pu la décorer à ma guise, avec pas mal de souvenirs de Floride (j'en revenais, j'étais encore en plein rêves) et des affiches de film. Un copain m'avait même ramené une grosse plante pour égayer la pièce. Mais avec le micro-ondes, l'ordinateur, la console de jeux, la télé etc... c'est sûr, il ne restait plus beaucoup de place. Au niveau courant, j'ai également eu des surprises: je sais pas comment le truc était rêglé, mais quand deux appareils étaient branchés en même temps, les plombs sautaient. C'est dire si le plat de pâtes prêtes en 5 minutes, je mettais un quart d'heure à le faire dès que je regardais la télé! Et non, je n'exagère pas! Et je ne parlerai pas des odeurs dans l'immeuble, nottament le jour où on a découvert un vieux à l'étage en dessous, mort depuis deux jours, dont je confondais l'odeur avec elle des poubelles. Et que dire des chambres peu insonorisées, avec mon voisin qui s'envoyait en l'air tous les soirs sans savoir que j'entendais tout. Avec l'habitude, j'ai pu distinguer aux sons, chaque fois qu'il en ramenait une nouvelle et c'est sûr, il était hétéro! Si cela était assez gênant pour dormir, je dois reconnaître que c'était parfois excitant aussi! lol! :-) Heureusement, mon détachement vis à vis de ces choses bassement matérielles m'a permi d'endurer ces petits désagréments. Mais ma patience allait encore être mise à l'épreuve...

Dans une expérience digne des films d'horreur, j'ai vécu assez longtemps en compagnie de cafards dans ma chambre. La première fois que j'en ai vu un sortir de la charpente, j'ai cru à un cas isolé et je suis vite allé acheter de l'insecticide. Puis j'ai commencé à osculter les poutres de ma chambres et j'ai remarqué ces petits trous partout... ma chambre allait-elle s'écrouler sur moi? J'ai commencé à flipper. Cette flippe a pris de plus amples proportions quand les apparitions de cafards se sont multipliées, j'en trouvais dans la douche, sur les murs... attention, c'était pas non plus l'invasion, mais il y en avait régulièrement et ces bebêtes, même très moches, semblaient innofensives. J'ai bien aspergé ma chambre de produit, en espérant qu'il y en aurait moins (et priant que je trouverais une autre chambre rapidement). Le soir, je mettais des coussins entre mon matelas et le mur, pour les empêcher d'arriver par en dessous. La psychose me gagnait. Je jure me rappeler qu'une nuit, j'en ai senti un sur mon visage... trop endormi alors, je l'ai foutu par terre et ça s'est arrêté là. Quand j'y repense maintenant... gloups! Miracle de l'été qui suivit, l'immeuble avait connu une immense désinsectisation (des voisins avaient-ils été plus réactifs que moi en prévenant le proprio?) et ces cafards n'apparaissaient plus. J'ai donc décidé de garder la chambre encore quelques mois (je partais étudier en Floride au semestre suivant) et ceux-ci furent considérablement plus calme. Je commençais presque à me sentir bien, chez moi (malgré les toilettes).

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Ma 2ème chambre: coin bureau, coin canapé (lit replié, juste pour la photo), coin salon

Ma deuxième chambre, je l'ai occupé beaucoup moins longtemps. Je savais que je la rendrais 3 mois plus tard (fin du cursus scolaire et recherche de stage oblige) donc je suis passé par une agence. Vu le temps que j'allais y passer, j'ai été moins regardant, et encore une fois, m'y prenant au dernier moment, je n'ai pas fait le difficile. La chambre que j'ai trouvée présentait plein d'avantages: même si elle était plus éloignée du centre ville, la ligne de bus passait devant chez moi, et un bon copain avait l'appart d'à côté. Les toilettes et la douche étaient séparées, la chambre était calme, avec vue sur un petit jardin. Bon, le hic c'est qu'elle n'était pas meublée, et j'ai vécu, mangé, travaillé, joué par terre comme un pauvre, pendant 3 mois. Niveau propreté c'était moyen: la moquette était pleine de tâches (du vomi après trop de picole?) et avec des trous dûs à la cigarette. Sous cette moquette flottante, je trouvais du papier journal, destiné à créer une certaine étanchéité... je me posais des questions. L'agence m'assurant que la moquette allait être changée avant que je m'installe (j'ai signé 1 semaine avant de déménager), je n'ai pas trop posé de questions. Ce n'est qu'en quittant l'appart en décembre que j'ai remarqué que j'attendais toujours les poseurs de moquette, m'enfin, je m'en suis accomodé. Et ce n'est pas la seule galère que j'ai connu: le chauffage ne marchant pas jusqu'aux premières gelées de décembre (et jusqu'à une bonne gueulante), j'ai passé plus d'une nuit avec trois pulls sur moi. Les marches en bois pour entrer dans l'immeuble étaient complêtement pourries et manquaient de s'effondrer à chaque instant (elles devaient être aussi changées, mais rien). Et le voisin trouvait que c'était une bonne idée de mettre du hard-rock à 4h du matin en rentrant de boîte de nuit...

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Les Bronzés 4 ?

Cet aperçu, absolument non romancé, donne un petit aperçu des joies de la vie estudiantine. Je ne sais pas si vous avez vécu des cas comme ça, où si le mien était isolé, en tout cas ça me faisait bien rire (jaune) quand je voyais des amis (souvent des filles, ne le cachons pas) dans leur superbe studio de 40m², réservé 6 mois à l'avance, trop clean et en duplexe... la morale: ne jamais remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même, la prochaine fois, je ferai attention ;-) Mais je me dis que si je n'avais pas vécu tout ça, je n'aurais pas pu vous en parler! Et puis, j'ai de bons souvenirs de ces moments pittoresques... Alors comme le chantait Edith Piaf, "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien..."