Titre du cultissime film avec Pierre Richard et Aldo Macione, mais qui colle aussi parfaitement à ma situation. Depuis tout petit, je souffre de ce maux assez commun qu'on appelle la timidité... celle-ci peut se manifester plus ou moins intensément, je peux même parfois la dissimuler derrière quelques artifices... mais elle est bien là.

00078458

Oh, c'est sûr, je pense qu'il y a plus grave que mon cas. Certains que la timidité ont gêné toute leur vie, certains qui se retrouvent bloqués dès qu'ils doivent parler en public, ou qui se renferment sur eux-même dès qu'ils sont en présence d'inconnus ou dans un endroit qu'ils ne connaissent pas. Je ne suis pas de ces extrêmes, mais j'en souffre quand même. Au collège et au lycée, la principale remarque qu'on me faisait sur mes bulletins de note était mon manque de participation. Pourtant j'ai souvenir de l'école élémentaire où j'étais beaucoup plus ouvert, plus expansif. Vers mes 11 ans, j'ai commencé à prendre peur du regard des gens sur moi, peut-être parce que je commençais à me sentir différent, avec des centres d'intérêts en décalage avec la moyenne. Le côté très sérieux et rigide de cet établissement scolaire ne m'ont pas aidé à m'épanouir de ce côté (à ce titre les classes aux Etats-Uis sont beaucoup plus ouvertes aux dialogues). Peur de donner un avis donc, de parler en public, d'être regardé (et jugé?) par les autres. Bien évidemment, cette timidité était proportionnelle au nombre de personnes présentes. J'ai toujours eu moins de mal avec des classes de tailles moyennes. Et pourtant, il y a des fois où je pouvais être expansif! C'est pourquoi je distingue ça de la timidité... sous le coup d'une obligation, ou dans le cadre d'exposés ou travaux que je défendais et lorsque j'étais sûr de moi, je savais alors quoi dire, et comment le dire, de façon la plus originale ou drôle possible. Comme un acteur qui, une fois le trac passé, se lâche. Mais ce fût assez rare.

Aujourd'hui ça continue, je préfère écouter les autres que donner un avis, même quand j'en ai un. Lors de réunions, au lieu d'énoncer une idée publiquement en arrêtant la conversation générale, je l'exposais à mon voisin, qui, la trouvant sympa, arrêtait alors les autres et disait "je pense que mathias a une bonne idée, là..." c'était assez gênant, mais la seule façon que j'avais d'exprimer une opinion. Heureusement, plus on connaît notre entourage et plus on a la preuve qu'on apporte de bonnes idées, et plus la timidité s'envole. J'aime me sentir bien entouré, dans mon élément. Quand je ne sens pas de jugement, je peux alors aller très loin, et me lâcher complêtement.

Dernièrement, j'ai pris une certaine confiance en moi. En grandissant, sans doute. J'ose donner un avis sans craindre qu'on ne soit pas d'accord avec moi. Le fait de n'être plus en quête de résultat, comme au lycée, m'a beaucoup aidé: d'ailleurs je trouve qu'on est beaucoup plus à l'aise quand on a un certain détachement par rapport à ce qu'on convoite, que quand on y est trop attaché. Un CV pour un job qui me plaît moyennement, je vais en écrire un super en 30 secondes. Pour un poste dont je rêve, il me faudra des dizaines de corrections et la peur du ridicule. C'est pareil pour les filles, retrouvez vous face à quelqu'un de neutre et vous serez vous-même rapidement, super à l'aise et attachant, mais face à quelqu'un qui vous plaît, il risque d'y avoir blocage, voir même une certaine froideur au premier abord.

Moins peur du résultat donc, mais j'ai aussi appris à me dire "si tu es sincère et que tu penses vraiment quelquechose, tu peux l'exprimer et te foutre de l'avis des gens". C'est en quelque sorte la maturité, l'expression de soi-même et l'acceptation. C'est je pense, la meilleure arme contre la timidité. Pas mal de choses m'ont aidé, que ce soit des jobs à Disneyland où je devais parler en public, à mes nombreux entretiens d'embauches et exposés lors de mes études supérieures, à des actes réussis et la reconnaissance d'autrui (qui vous fait dire "y a ptet du bon en moi"). Sans doute ce qui m'a le plus aidé est l'expérience Disney Central Plaza. Je ne suis que moi-même, membre avant tout, et pourtant je pars avec une longueur d'avance au niveau du respect, de l'écoute, de la reconnaissance de tous les membres. Je ne compte plus les remerciements et les félicitations. Quand aux meetings, les gens sont eux même les plus "impressionnés" de me voir, sans se douter que moi-même, sous couvert d'être très à l'aise car je connais pas mal de monde, JE suis autant impressionné et j'ai aussi peur qu'eux! D'où souvent un refuge auprès des gens que je connais déjà, car je ne sais quoi dire ou comment aborder les nouveaux. Sans compter les filles qui seraient soit-disant intéressées par ma personne, attirées par le statut d'administrateur (je tiens à le dire tout de suite, si ça me fait sourire, ce genre d'attrait basé sur rien, ne me fait rien du tout!)... Mais pour résumer, ce genre d'expérience aide à se forger une (petite) confiance en soi. Dans cet univers, dans ce monde virtuel, j'ai au moins une place, que je me suis forgée mais que les autres m'ont surtout forgé.

Mickey_20Timide

Reste le problème des filles... j'ai toujours fait un blocage et je ne sais pas combien de temps çà durera. Ce n'est pas un hasard si les copines que j'ai eu ont toujours fait le premier pas envers moi. Quand à celles par qui j'étais intéressé en premier, ben ça n'a jamais marché. Etonnant non? J'ai du mal m'y prendre, ou ne pas répondre à leurs attentes, je n'en sais rien. Peut-être qu'elles préféraient la fermeté, ou la domination. Quelqu'un de timide, qui n'affirme pas toujours ce qu'il veut, ou pas de manière claire, ça n'attire pas toujours. Ceci dit, je ne regrette pas une certaine timidité. Le rentre-dedans, le surplus de confiance en soi, ce n'est pas vraiment pour moi. Mais c'est sûr, parfois j'envie ceux qui savent êtres naturels, dialoguer, et charmer sans contrainte et sans mensonges. Ceux qui osent aller de l'avant. Ceux qui n'ont pas besoin d'user de stratagèmes bidon pour exposer leurs sentiments sans avoir à subir la réaction ou le regard de l'autre. Ceux qui peuvent soutenir le regard et le sourire d'une fille sans avoir à détourner les yeux, s'en aller au pas de course ou se mettre à transpirer. Ceux qui osent inviter à danser. Ceux qui sont pas obligés se se cacher derrière un grand cousin pour faire un "coucou" de la main à une fille qui leur sourit 50m plus loin (ça sent le vécu... lol). Ou ceux qui sont pas obligés de se planquer pour regarder la réaction de la fille suite à un mot qu'il lui a laissé sur une table... Bon, ce n'est pas toujours comme ça, je le concède. J'ai également appris à exprimer mes sentiments de façon claire une fois que ceux-ci sont avérés. Je ne veux plus prendre le risque de perdre des gens ou des opportunités parce que j'aurais joué au gamin ou pas assumé mes pensées. Mais il reste encore du travail à faire pour oser prendre le pas, prendre sur moi, et m'affirmer davantage quand quelqu'un me plaît (ou peut-être n'est-ce qu'une façade pour me décharger quand je n'en ai pas VRAIMENT envie? Hum, c'est à méditer...)

BASHFUL

Voilà, même si parfois je semble montrer le contraire, il s'avère que je suis plutôt timide. J'ai évolué depuis quelques années, j'ai pris confiance en moi, parfois ça va, ça vient, mais y a encore du boulot. En tous les cas, je préfère la plume à l'oral, j'ai le temps de me poser, réfléchir, et surtout, mes écrits ne sont lus qu'APRES publication. Ce n'est pas un hasard! Bref, surtout, restez naturels avec moi, j'aime mettre à l'aise car j'aime qu'on ME mette à l'aise. C'est comme ça que je deviens moi-même. Et puis, c'est bon signe, car le plus souvent, quand la timidité s'envole, c'est qu'une vraie amitié est née.